jeudi 30 janvier 2014

Déjà presque la fin

Ai tout le monde
J'ai commencé ma semaine en force en me brûlant au deuxième degré sur le bras gauche à trois endroits. Le bras m'est tout simplement resté pris dans le four à 400 degrés... Ça fait pas du bien pentouteee! Le four de mon appartement est un vieux four qui a tendance a se refermer si on ne l'ouvre pas complètement et qu'on ne tient pas fermement la porte. Bref, ne vous inquiétez en travaillant au Nord (et principalement à l'hôpital de Puvirnituq) on peut voir infirmière, docteur, dentiste, name it rapidement rapidement ce que j'ai fait pour me faire bander le bras le lendemain. Le Nord et ses avantages...Une de mes brûlures est plus grave que les autres mais ça devrait aller...

Il y a eu blizzard vendredi et lundi dont pas de sewage (vidange et changement d'eau) donc on a pas eu d'eau de dimanche à mardi PM. L'eau est roulante et non courante ici et y'a des jours ou elle roule pas! Heureusement que le blizzard n'a pas duré une semaine. Le Nord et ses inconvénients...

Cirqiniq sera à Puvi pour deux semaines. Qu'est ce que c'est? Voici un petit vidéo pour vous mettre en contexte. http://objectifnord.telequebec.tv/explorer/liste/inuits/programme-cirqiniq#_=_
Bien que le cirque du soleil a été en partenariat cinq ans pour l'amorce de ce projet il n'y contribue plus du tout. Un petit oiseau m'a soufflé à l'oreille que le cirque du soleil aime bien partir des projets un peu partout dans le monde, sauver des taxes et ensuite se désengager complètement mais tout en gardant la reconnaissance du début du projet... Bref, peu importe c'est un projet qui se perpétue et qui est très apprécié des jeunes d'ici qui n'ont souvent pas grand chose à faire. Les travailleurs sociaux sont souvent invités à participer pour créer des liens avec les jeunes et les voir dans un autre contexte que celui de l'intervention. Vu que je m'en vais à Inukjuak lundi, je ne pourrai pas aller les voir. :(

Quelques photos des alentours de Puvi...




 Atsunai!



vendredi 24 janvier 2014

Le désinfectant à mains

Bonjour vous!
J'ai été envoyée mardi de la semaine passée en urgence à Inukjuak pour supporter une collègue TS qui avait besoin d'aide et qui se relevait tout juste d'une pneumonie. J'avais déjà été dans cette communauté à l'automne et connaissais un peu sa clientèle donc j'ai pris l'avion et y suis allée de mardi à samedi. Ce fut short and sweet. C'était agréable pour une fois de revenir dans une communauté ou j'ai déjà été au lieu d'être toujours la nouvelle et de se présenter à tout le monde. Les gens sont contents de vous revoir et les inuits qui vous connaissent viennent vous serrer la main en guise de salutation. Un sculpteur à qui j'avais acheté une sculpture (dont je me suis rendue compte après qu'elle ne valait pas son prix) est même venu me voir pendant que je faisais mes commissions à la COOP tout content espérant surement me vendre quelque chose de nouveau. Un autre suicide est survenu à Inukjuak pendant que j'y étais... Le suicide toujours et encore si présent ici...

De retour à Puvi, ma semaine ne fut pas de tout repos. Je n'entrerai pas dans les détails mais disons qu'on a été passablement occupés aux services sociaux. Saviez-vous que le désinfectant à mains à haute teneur en alcool est parfois utilisé par les inuits pour se pacter la face? Très nocif, ce produit fera des dommages à long terme sur le corps humain et peut même causer des dommages au cerveau. À l'école ici, ils ont enlevé les distributeurs de désinfectant à mains parce que les jeunes s'en servaient pour d'autres motifs que l'hygiène...

Tout n'est pas négatif et le soleil de ma semaine fut une intervention conjointe avec un médecin et une dame dépressive. Je pense n'avoir jamais vu un médecin aussi concerné et faisant une intervention aussi pertinente et aussi complète. Les médecins d'ici prennent souvent le temps de s'asseoir avec les gens et non de les voir 5 minutes et leur prescrire n'importe quoi comme on vois souvent au sud. Ce médecin a eu une réflexion très intéressante qu'il est bon de se rappeler (parce qu'on a tendance à l'oublier) quand on aborde la problématique de l'alcool et des dépendances des inuits. Les inuits ont souvent vécu plusieurs traumas (viols, violence, pensionnats pour les plus vieux). Ils cherchent souvent en prenant ces substances à se soulager l'espace d'un instant, à oublier et à se sentir bien sans nécessairement y parvenir et la dépression et le mal-être augmente le lendemain alors ça recommence et ça recommence. Cette auto-médication n'est pas toujours consciente mais jamais aidante bien sur...

Les formulaires gouvernementaux! Les inuits ont souvent besoin de notre aide pour les remplir et ce même s'ils sont écrits en anglais. Il faut se rappeler que beaucoup sont peu éduqués et les aînés ne lisent souvent que l'inuktitut. C'est drôle a dire également mais les formulaires ne font pas partie de leur culture depuis bien longtemps. Alors si pour moi qui trouve compliqué de faire une demande de pension de vieillesse, imaginez comment ça peut être du chinois pour une dame dans la soixantaine qui est née dans un igloo! Aha!
Atsunai!

mercredi 8 janvier 2014

Blizzard et ours

Bonjour à ceux qui me lisent!
Depuis deux jours le Nunavik et le Nunavut sont grandement ralentis sinon paralysés par un blizzard qui sévit. C'est mon premier blizzard et j'apprécie le fait de pouvoir rester à la maison et être payée quand même... On m'avait déjà dit que parfois par temps de blizzard on ne voit même pas sa main mais celui qu'on expérimente actuellement ne semble pas si pire (mais, qu'est-ce que j'en sais!?). Il n'y a pas d'avions qui atterrissement ni qui partent car les conditions sont mauvaises. Les rafales de vents sont importantes et il semble plus prudent de se déplacer à pieds qu'en auto. Ça semble plus important dans le Nunavut ou ils ont eu des rafales de vents jusqu'à 140Klm/hr ce qui doit être le double de ce qu'on a ici. Voici quelques photos prises en pleine journée de blizzard.
Un chien inuit pas assez impressionné pour aller dans sa niche...


Un ancien collègue inuit est allé à la chasse à l'ours polaire et a réussi a en tuer deux d'une seule balle! Pour tout homme inuk c'est un honneur et une source de grande fierté pour lui et la communauté. Pour certains blancs, parfois on parle a travers notre chapeau en disant que la chasse est reliée au fait que l’espèce serait en danger. Il est vrai que la chasse a déjà été faite de façon intensive mais actuellement les ours polaires sont protégés depuis 1976 et les inuits ont le droit de le chasser mais ils ont des quotas et des règles. Ce n'est pas la chasse qui est en cause ici et les principales menaces pour les ours polaires sont la pollution et le réchauffement climatique dont les populations du Sud sont beaucoup plus responsables que les populations du Nord qui ont toujours traditionnellement tué les ours polaires par mesure de sécurité lorsqu'ils se trouvent près des villages mais aussi pour se nourrir et pour utiliser leur peau... donc informez-vous avant de lancer la première pierre...
Astunai!



mercredi 1 janvier 2014

retour au Nord

Ai! Je suis de retour au Nord après 4 semaines au Sud et une encore plus au Sud en Jamaïque! L'avantage avec avoir autant de mois de vacances par année c'est bien sur de voyager et ce n'est pas pour rien qu'on rencontre beaucoup de voyageurs et de gens d'ailleurs au Nord. Il faut évidemment être à l'aise avec la différence culturelle pour venir ici et, dans mon cas, avec mon statut de TPO (temps partiel occasionnel) ne pas être trop dérangée par le fait de vivre dans ses valises. L'avantage en n'étant pas permanente nulle part c'est de pouvoir travailler quand ça nous plaît et de donner des disponibilités minimales (une des 2 fêtes ; Noël ou jour de l'an et aussi des disponibilités en été). Ceux qui sont permanents ont l'avantage de toujours savoir où ils reviennent d'un séjour à l'autre et d'avoir un logement permanent. En contrepartie, il leur faut toujours faire du 9 semaines au Nord / 4 semaines au Sud. Moi, je n'ai pas besoin (ni l'envie!) de rester aussi longtemps et je peux également décider de mon nombre de semaines de vacances sans problèmes. En ce moment je suis à Puvirnituq (la ou règne une odeur de viande putréfiée). J'y étais déjà venue quelques jours au début début et c'est ici que j'avais vu beaucoup de caribous. C'est ici que se trouve l'hôpital principal. Dès que je suis arrivée à Puvirnituq, j'ai senti mes narines se contracter et mes yeux piquer a cause du froid intense. Ça me fait rire quand je vois vos nouvelles qui disent que vous souffrez du froid...Ici, il fait pas mal toujours -30 et plus avec sensation de -40! Pour revenir ici, j'ai pris un charter. C'est un vol nolisé donc organisé par le Centre de santé dans le temps des fêtes quand beaucoup d'employés descendent ou remontent ce qui fait que c'est moins cher pour le centre dans santé. J'y ai croisé ma collègue et amie Janie qui volait vers Salluit ainsi qu'une autre collègue rencontrée à Salluit. Il paraît que le Nord est un petit monde ou tout le monde finit par se connaître... Malheureusement, je n'ai pas internet à la maison. La compagnie mère de tout l'internet au Nunavik est fermée au grand déplaisir de plusieurs jusqu'à lundi prochain donc en attendant, j'occupe mon temps de diverses manières. Hier pour la veille du jour de l'an, j'ai passé la soirée à faire un genre de nez rouge avec un africain du Cameroun qui aime bien dire ; FAIT FRETTE EN TABARNAK! ;) C'est tout nouveau et la première fois (je pense) qu'un projet de ce type a lieu au Nunavik et je me suis mise bénévole. C'est un gars avec qui je travaille qui a parti ce projet. Il m'a dit ; on leur dit Don't drink and drive mais on ne leur donne pas d'options, je voulais leur en donner une! Vous aurez compris qu'il n'y a pas de taxis ici non plus. Donc, on se promène dans le village avec un pick-up identifié et on ramasse les gens qui sont en état d'ébriété ou qui ont simplement besoin d'un lift car le froid est intense. Je pense que le service est apprécié. Le monsieur qui a parti ce projet a également travaillé en Israël. Saviez-vous qu'en Israël, ils auraient également tenté de sédentariser les bédouins (tribus nomades) et que ce fut un échec cuisant. Les bédouins se sont mis à boire énormément un peu comme les inuits. Cependant, Israël aurait fait volte face et aurait abandonné le projet laissant les bédouins retourner à leur vie de nomade qui leur convenait mieux. Intéressant, non? C'est tout pour le moment! Atsunai et désolée pour la mise en forme et le manque de photos, je n'ai pas les mêmes fonctionnalités que sur mon ordinateur personnel!

mercredi 27 novembre 2013

la fin d'un autre séjour

Ai tout le monde


Je repart déjà du Nord pour y remonter en janvier à Puvirnituq et ce billet sera mon dernier billet quotidien du nord. J'y réécrirai peut-être de façon occasionnelle mais ce ne sera plus quotidien. Je suis très contente de retrouver les gens que j'aime et de quitter l’hôtel ou je vis depuis trois semaines entourée de gars de construction qui me font des belles remarques comme «Ouai, t'es la seule femme de l'hotel!» «Tu nous fait-tu un bon dessert a soère?!»  et des délicates déclarations du genre «Ya tu des maisons d'inuits qui puent pas?!» Ah lala!  Je vous laisse sur des belles images des alentours d'Akulivik...Ahh je m'ennuie déjà de l'immensité et des paysages qu'on retrouve ici!

 Je vais aborder un thème délicat en parlant du génocide que le Canada a fait et continue encore de faire contre les peuples autochtones et les inuits. En étant au Nord et en travaillant avec les inuits je me rend compte que ce peuple est souvent oublié du reste du Canada, est oublié du gouvernement fédéral de notre cher Steven Harper. Saviez-vous que récemment il est allé à la mine Raglan qui est située à proximité de deux communauté inuits et qu'il ne s'est pas donné la peine de les visiter? Saviez-vous que le gouvernement du Canada a stoppé la construction de logement sociaux pendant six ans à la fin des années 1990 et a ainsi créé l'immense pénurie de logement que connaît actuellement le Nunavik et qui exacerbe maintes et maintes problématiques? Saviez-vous qu'actuellement des pressions sont faîtes pour que le gouvernement soit formellement accusé de génocide? Oui, notre bon Canada, le plusss meilleur pays du monde et son génocide personnel. Je voulais écrire plus en détail sur ce sujet mais pour ceux que ça intéresse je vous laisse lire (en anglais) cet article http://www.huffingtonpost.ca/2013/10/18/genocide-first-nations-aboriginals-canada-un_n_4123112.html

Quand on se rend compte de tout ça, on se demande mais pourquoi? Comment on peut être aussi foncièrement indifférent au bien-être de ces populations? Les ressources naturelles sont la clé de cette réponse. Une infirmière très avisée m'a dit tu sais, il est plus facile de faire des accords et de faire des ententes avec des populations peu scolarisées, des populations démunies et souvent sous l'effet de l'alcool... (Okay, ça sonne un peu comme une théorie du complot, allo frérot! mais quand même c'est tout à fait plausible!) Ce ne serait donc pas pour rien que le gouvernement du Canada fait preuve d'un laxisme aussi flagrant et évident envers ces populations, c'est justement parce qu'il veut les maintenir dans un perpétuel état d'infériorité pour mieux les manipuler mais bon ce n'est qu'une théorie... On dira aussi que ces peuples doivent se prendre en main par eux-mêmes aussi mais ce n'est pas facile avec tout ce qu'ils ont subi...  bref y'a toujours du positif... Je vous laisse sur ce joli petit vidéo qui m'a beaucoup émue. Il pourrait aussi bien s'agir de jeunes inuits...
http://www.wapikoni.ca/films/corriger-le-tableau
Atsunai!
Taima! (c'est finit)




jeudi 21 novembre 2013

Quelques croyances...

Ai!
Il ne me reste déjà plus beaucoup de temps au Nord pour ce séjour-ci, je repars déjà la semaine prochaine et j'y reviendrai fin décembre. Ce sera probablement l'un des derniers billets «régulier» de mon blog également car je trouve de moins en moins le temps d'y écrire. La semaine prochaine, je termine ça en beauté en vous parlant du génocide que continue de faire notre beau pays envers les populations autochtones. Cette semaine j'aborde un thème différent en lien avec les croyances des inuits mais qui est selon moi tout à fait intéressant. Je ne parlerai pas de l'ensemble de la cosmologie inuit car je la connais peu (comme malheureusement la plupart des inuits actuellement) mais seulement de certains éléments. Oh en passant voici un joli petit court métrage à regarder sur ce thème, l'oiseau blanc que vous y verrez est supposément délicieux...



Un homme inuit m'a dit cette semaine les gens qui font de la construction à tel endroit ont été surpris par des petits esprits appelés tuurngait (je crois). Ce sont de petits esprits qui gardent la terre. Ils auraient dit aux gens de la construction quelque chose comme «Que faîtes-vous de notre terre, cessez de lui faire mal! » (en inuktitut) et les hommes auraient eu tellement peur qu'ils se sont enfuis. Cet homme, un monsieur tout à fait sain d'esprit qui est allé à l'université (ce qui est très rare ici) me racontait cela tout à fait sérieusement. Il paraît même que ces petits esprits s'amusent parfois à déplacer vos choses si vous aller camper dans la toundra. Toute cette histoire et le sérieux avec lequel elle me fut racontée m'a donné le goût de m'intéresser à ce qui faisait et fait encore partie des croyances des inuits bien avant que les blancs viennent les coloniser en leur imposant le christianisme.

Ce n'est pas un thème que les inuits abordent facilement parce que c'est un sujet qui est parfois considéré comme tabou mais qui ne devrait pourtant pas l'être.. Saviez-vous qu'ici quand quelqu'un meurt on donne encore souvent son nom à un bébé naissant. Par exemple, j'ai su que le premier bébé né inuk après la mort
du policier blanc Steve Déry à Kuujuaq en mars avait hérité de son nom. Il arrive donc que plusieurs personnes dans la communauté aient le même nom et prénom car ils furent nommés par le nom d'un ancêtre reconnu. Cela vient d'une pratique ancienne qui découlait de la croyance que la personne décédée ait choisi de se réincarner dans le corps du nouveau-né et que le nouveau-né pouvait hériter de ses qualités physiques et spirituelles. Donc, les ancêtres continuaient d'être respectés à travers le corps des enfants. C'est une pratique qui a encore court de nos jours. Par ailleurs, les noms de familles sont tout récents pour les inuits et ont été imposés par les autorités canadiennes après le fameux système des numéros.

                  Tambour inuit
           sculpture d'un chaman qui danse 


Il y avait des chamans aussi autrefois au Nunavik et leur rôle était multiple mais principalement le chaman était la pour créer le pont entre le monde visible et le monde invisible, le monde des esprits. Le chamanisme se caractérise par le culte de la nature et la croyance aux esprits. Il se manifestait souvent par des cérémonies avec des danses et du tambour et leurs danses racontaient les histoires des esprits ou célébraient seulement le retour des chasseurs.
Selon la pensée inuit, l’univers (silajjuaq) est occupé par les êtres vivants (humains, animaux, végétaux), les défunts et les esprits (tuurnngait) qui occupent chacun des mondes différents mais inter-pénétrants. Tout être vivant est pourvu d’un anirniq «respiration, souffle vital» qui, à la mort du sujet, intègre un nouveau corps animal ou humain. La conception du monde inuit représente un continuum, où chaque élément fait partie d‘un tout
                                                                                              Sedna, déesse de la mer

Tout ce qui vit était très important pour les inuits et l'est encore pour certains. Les inuits étaient tellement dépendants de la nature pour survivre qu'ils ont développés une relation particulière et un respect profond de celle-ci. Il n'y avait pas d'Halloween dans le calendrier traditionnel des inuits mais plutôt « Nurraliut » (la naissance des caribous), « Akunnaituq » (le temps où les peaux de caribous sont parfaites pour la confection de vêtements), « Amiraijaut » (quand le panache des caribous tombe). C'est donc dire que tout tournait autour des animaux et de la nature. Encore aujourd'hui, j'ai rencontré beaucoup d'inuits qui déplorent le fait que leur terre est et sera saccagée avec les mines. Le respect de la nature est une valeur importante pour plusieurs d'entre eux comme pour les peuples autochtones... Par opposition aux Inuits et autres populations autochtones, on peut dire que le rapport que nous entretenons avec l'environnement en est un de force et de domination pour en extraire les richesses et s'en servir de façon utilitaire...

Bref, ce n'est qu'un bref survol de la complexité et de la différence des croyances des inuits qui sont malheureusement assez perdues aujourd'hui mais dont il subsiste quand même quelques traces parfois ici et la... Au détour d'une conversation un inuit vous dira que la vague de suicide au Nunavik est liée aux mauvais esprits, un autre vous dira que les chiens qui vous suivent choisissent de vous protéger et une autre viendra essayer de vous vendre une peinture de Sedna la déesse de la mer...
C'est vraiment un autre monde... :)
Atsunai!

mercredi 13 novembre 2013

Akulivik à la dérive

Ai!
À première vue, c'est l'expression qui me vient à l'esprit quand mes premières impressions ont été faîtes sur Akulivik. C'est un village à la dérive. Chaque village est différent, je commence à m'en rendre compte. Vous vous souvenez ma photo avec les community worker d'Inukjuak? Je les ai quitté à regret, je m'étais attachée à eux... Ici, les community worker ont un fort taux d'absentéisme. Une d'elle a d'ailleurs des problèmes personnels importants comme l'ensemble de la communauté. How do you do without them?? que j'ai demandé à Earl le travailleur social que je suis venu supporter jusqu'à la fin du mois, et il m'a répondu quelque chose comme je me débrouille!

Earl est un drôle de bonhomme, un monsieur originaire de St-Vincent les Grenadines (je ne savais même pas ou c'était!) mais c'est une petite île des Antilles et il s'est ramassé à travailler dans le nord québécois! Il ne dort pas la nuit ou presque, a déjà fait un marathon de danse à Inukjuak ou il aurait pu mourir pour éveiller les consciences sur le suicide et a d'ailleurs brisé un record du monde. Ça a beaucoup touché les gens d'Inukjuak. Vous pouvez voir le lien ici ; http://www.nunatsiaqonline.ca/stories/article/65674in_nunavik_one_mans_dancing_just_to_stay_alive/
C'est un drôle de spécimen avec un vécu particulier comme on en retrouve souvent au Nord, un jour il faudra que je vous parle davantage des travailleurs que je croise ici car ils sont souvent particuliers, parfois dans le bon sens et parfois dans le mauvais sens... En passant, voici des images de reste de morse ou de phoque qui fut tué et laissé à l'abandon pour le grand plaisir des oiseaux...

Bref, imaginez que vous arrivez dans une communauté ou il n'y a pas eu d'employé à la poste depuis deux semaines parce que personne ne veut travailler et que poste canada suite aux plaintes a du faire venir quelqu'un d'un autre village pour y travailler. Ça en dit long. Il n'y a pas non plus de community wellness ( un travailleur inuit censé travailler sur des projets communautaire pour amener le mieux-être de la communauté ). Le dernier aurait été renvoyé pour avoir utilisé les fonds mis à sa disposition de façon malhonnête. La maison des jeunes est couverte de graffitis, il y aurait eu des viols, des passes de drogue et lorsque nous y sommes passé elle était barrée alors qu'elle devait être ouverte pour les jeunes de la communauté. Il n'y a pas de refuge pour femmes non plus ici donc les femmes doivent prendre l'avion pour quitter leur conjoint violent. En un sens, ça a du bon. Les femmes doivent réellement s'éloigner géographiquement de leur conjoint...

Il y a eu des événements très durs cet été à Akulivik. Un jeune s'est tiré devant pleins d'autres gens dans la rue dont des enfants. Il y eu également une fusillade impliquant un homme et des policiers, il paraît que ça ressemblait au far west et finalement ça s'est terminé avec la mort de l'homme qui tirait. Dans le dernier mois, il y a eu beaucoup de violence, des viols également... Traumatismes sur traumatismes qui ne sont jamais résolus et jamais guéris, ça ne donne pas de bons résultats. Une équipe de psychologue viendra début décembre pour rencontrer les jeunes ayant été victime du suicide cet été mais c'est un peu tard non? On m'a dit «les gens d'Akulivik ont abandonné» mais, je refuse de penser qu'il s'agit de l'ensemble du village. Quoiqu'on m'ait dit que les gens du CLSC ont fait l'exercice d'essayer de trouver au moins cinq familles qui vont bien dans le village sans y parvenir...

Je réside à l’hôtel flambant neuf pour le reste du mois de novembre et j'ai vu passer la facture. C'est 4700$ qu'il en coûte au centre hospitalier pour m'héberger ici en raison de manque de logements. Ma boss m'a dit que je valais chaque sous dépensé, jolie remarque non? Je fais la cuisine avec des gars de la construction, étant la seule femme de l’hôtel. On peut dire que ça fait des conversations «spéciales» parfois...

Je vous laisse avec ce petit vidéo et images que j'ai pris des alentours d'Akulivik, tout ce que vous entendrez c'est moi qui dit «as you can see» mais je disais aussi qu'il y avait beaucoup de vent !
Atsunai!

jeudi 7 novembre 2013

Akulivik

Ai tout le monde!                                                                                                    
J'aimerais bien vous dire que l'Halloween a été intense et que nous avons eu trop d'enfants pour le nombre de bonbons que nous avions acheté mais ce n'était pas le cas malheureusement! Bien que ma collègue Janie ait annoncé sur le groupe facebook d'Inukjuak que la maison ou nous allions être allait avoir des bonbons, il semblerait que peut-être les enfants avaient une certaine gêne d'aller «trick or treating» à une maison du centre de santé? On a quand même eu une quarantaine d'enfants. C'était drôle de voir des petits monstres sur motoneige. Autre différence culturelle bien sur les enfants ne sonnent pas et entrent tout simplement dans la maison!   Selon nos collègues inuits on aurait du l'annoncer à la radio du village également pour avoir plus de popularité. Les groupes facebook de villages sont très populaires au Nunavik. En gros c'est un groupe ou tout les habitants du village peuvent poster n'importe quoi. Un tel postera qu'il a des hamburgers à vendre ce midi (oui, oui!), une autre postera qu'elle vient de terminer des boucles d'oreilles qui sont à vendre, ce parent lancera un appel à tous pour savoir qui a volé les nouveaux pantalons de neige de son fils, ect. C'est cocasse mais très utile.                          
 Janie qui attend les enfants...


Deux TS bien déguisées! 

Je vous écris en direct d'Akulivik, un nouveau village! Ce village s’appelle ainsi parce qu'il a la forme du kakivak (harpon). J'ai volé aujourd'hui d'Inukjuak à Akulivik. J'aurai vraiment du avoir mon appareil à bord car la toundra enneigée et le coucher de soleil étaient magnifiques. Je suis à Akulivik jusqu'à fin novembre et après c'est mes vacances pour quatre semaines. Normalement, il n'y a qu'un travailleur social à Akulivik parce que c'est un petit village mais depuis l'été plusieurs drames ont eu lieu dans ce village et ma coordonnatrice a jugé bon de m'envoyer en support. J'ai entendu dire que c'était un village dur, beaucoup d'inceste, beaucoup de violence de toutes sortes et cela m'a été confirmé par plusieurs personnes. Je vous dirai si je le remarque. C'est un petit village, le plus petit ou j'ai été à date et un village très récent dont la création date de 1975. C'était un ancien poste de traite selon ce que j'ai lu qui avait été abandonné et des familles se sont remises à y venir habiter en transportant eux-même des maisons par bateaux et motoneiges (!) On m'a dit également que plusieurs personnes qui avaient été jetés dehors d'autres villages des alentours se sont ramassées à Akulivik. Oui, une communauté peut décider de jeter quelqu'un dehors du village tout simplement. Ça expliquerait peut-être pourquoi c'est un village considéré dur par les gens que j'ai rencontré... À suivre

         Chien d'Inukjuak                                                                                  
                                                         
Mon contrat de remplacement de la travailleuse sociale des personnes en perte d'autonomie s'est terminé mardi. Saviez-vous que dans la culture inuit, les personnes âgées avaient anciennement une place très importante et qu'ils étaient très respectés? C'est encore le cas mais ce n'est plus disons majoritaire. J'ai vu du money abuse comme on dit ici, de l'abus financier. J'ai vu un aîné en dénutrition tellement il était abusé financièrement. Un bémol cependant, cet abus financier existe au sud également, de même que la violence verbale envers les aînés. C'est loin d'être une problématique nordique et c'est beaucoup plus facile de le savoir et de le voir ici car tout le monde se connaît, et tout finit par se savoir ce qui est bien dans un sens car c'est moins caché qu'au sud et que ça permet de plus rapidement intervenir.  C'est si facile de prendre le chèque de la vieille grand-mère, d'aller le changer à la COOP et de se peter la face avec sa rente... C'est si facile d'aller squatter chez la grand-mère quand on a pas de maison et ainsi de la laisser payer le loyer et la bouffe...

 Vous savez quand des inuits changent et adoptent des comportements des blancs on dit qu'ils sont «blanchis». Les vieux inuits ne mentent jamais parce que les anciens ne mentaient pas mais les jeunes mentent alors on dit qu'ils sont «blanchis». Les aînés du Nunavik ont beaucoup à apporter aux jeunes. J'ai vu une vieille femme qui se soignait elle-même avec de la médecine inuit mais les jeunes ne savent pas ce que c'est. Le savoir traditionnel des aînés est précieux. Comme le dit le proverbe africain, un vieillard qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle et c'est aussi vrai ici. Saviez-vous que l'espérance de vie d'un inuit s'établissait en 2001 à 63 pour les hommes et 72 pour les femmes?! C'est un écart d'environ 10 ans avec les autres canadiens... Inégaux dans la vie, inégaux dans la santé et inégaux dans la mort!
Je vous reviens la semaine prochaîne! Astunai!

mercredi 30 octobre 2013

Neige, inuksuit et adoption traditionnelle




Ai tout le monde! La neige est arrivée la semaine passée! Ça fait des beaux paysages comme vous pouvez le constater sur ces photos...


 J'ai beaucoup de chance de pouvoir travailler ici et par le fait même de visiter ce coin de notre province si joli. En fin de semaine nous sommes allés à un Inukshuk non loin d'ici. Un petit bébé chien tout mignon a choisi de nous accompagner aussi. Il était adorable comme vous pouvez le voir.... Vous connaissez surement l'inuksuk ce symbole bien connu typique des peuples de l’arctique. Je ne sais pas si celui d'Inukjuak en est un à proprement parler car sa forme n'est pas celle d'un homme mais bon. Le mot Inukshuk veut dire «à l'image de l'homme». On se souvient qu'Inuk veut d'ailleurs dire homme en Inuktitut. Bref, l'inukshuk peut avoir plusieurs significations. On dit parfois qu'il est un point de repère dans la toundra, parfois qu'il identifiait une cache à nourriture ou qu'il aidait a donner des directions pour la chasse au caribou. C'est un symbole important pour le Canada (si au moins les inuits pouvaient l'être autant). Le Canada s'en est d'ailleurs servi comme emblème pour les jeux olympiques d'hiver de Vancouver en 2010. Fait important à savoir, on s'est fait dire de ne pas construire nous mêmes nos propres Inukshuk. Étant donné que chacun ont servi ou servent encore a quelque chose dont souvent les blancs n'ont aucune espèce d'idée, nous ne nous devons pas d'en construire un peu partout pour faire joli. Ce n'est pas n'importe quel amoncellement de pierres et nous nous devons de respecter cela...





Je voulais vous parler d'un élément intéressant de la culture inuit. Il s'agit de l'adoption traditionnelle qui est encore très pratiquée ici. En fait, si une femme à un enfant et qu'elle n'en veut pas à ce moment de sa vie, elle peut choisir de le «donner» à sa sœur, sa mère ou même une amie ou une personne de confiance. Après l'enfant grandit dans sa famille adoptive en sachant très bien qu'il a été adopté. Il connaît ses parents adoptifs mais considère ses parents comme étant ceux qui l'ont élevé. C'est une pratique très fréquente. Cela mène parfois à certaines... comment dire pressions sociales. Je m'explique, le fait d'être «choisi» pour l'adoption est un honneur donc refuser n'est pas vraiment bien vu, ni accepté la plupart du temps. Donc parfois ça pousse des gens à accepter sans qu'il ne le veulent vraiment.
Cependant, en général selon ce que j'ai pu observer c'est très bien vécu pour la famille qui adopte, l'enfant adopté et la famille biologique. Il n'y a pas la notion d'«abandon» car le bébé qui est donné est voulu par la famille adoptive et sa vie est importante pour les parents biologiques. La travailleuse sociale que je remplaçais à Salluit était dans la communauté depuis au moins 4 ans et une dame lui a donné son bébé en adoption traditionnelle. Attention cependant c'est un cas rarissime car les inuits donnent en adoption à d'autres inuits et pas à des blancs.Les inuits aiment beaucoup les enfants et il n'y a aucun stigmate lié au fait d'être adopté. Je trouve que c'est un aspect intéressant de la culture...

Par ailleurs, je ne sais pas si je serai encore à Inukjuak la semaine prochaine... Mon contrat se termine et je ne sais pas encore si je redescend ou si on m'affectera dans un autre village, c'est à suivre. J'essayerai de vous parle un peu plus des problèmes que j'ai pu constater en travaillant auprès des aînés la semaine prochaine si j'ai accès à internet! Aussi, c'est l'Halloween demain! Il paraît que c'est assez intense ici comme fête. Je me suis trouvé un déguisement, nos sacs de bonbons sont prêts mais on en aura probablement pas assez avec la quantité d'enfants qu'il y a dans le village.... À suivre! Atsunai!

mardi 22 octobre 2013

Short and sweet

Ai!
Déjà ma troisième semaine qui débute à Inukjuak! J'étais de garde en fin de semaine et c'était assez tranquille. Voici une photo de Monique, une de mes collègues qui s'en va en vacances cette semaine qui me permet de vous montrer les gens avec qui je travaille. Dans l'ordre de gauche à droite il y a Aulla tout d'abord qui est bien gentille et qui nous prépare de la banique de temps en temps. Ensuite Monique qui s'en va en vacances et puis Elisapie la fille d'Aulla qui travaille beaucoup avec moi au programme de personnes en perte d'autonomie et Ituk qui travaille aussi comme travailleur de communauté avec nous et qui est un grand farceur. Il attache parfois mes lacets de bottes ensemble, vous voyez le genre? Les inuits aiment bien rire et rire avec vous! Bref, ce sont des gens très sympathiques. Je me dis souvent que ce n'est pas facile pour eux de toujours s'adapter à de nouvelles personnes constamment mais ils le font et demeurent ouverts.

Les community worker travaillent avec nous pour nous aider au niveau de la langue, de la culture et de la connaissance de la communauté. Pour moi, qui travaille présentement avec les aînés qui ne parlent qu'inuktitut, avoir un community worker avec moi est essentiel. Je ne peux pas intervenir sans eux. Les plus jeunes inuits parlent souvent anglais donc ça aide mais attention les community worker sont la également parce qu'ils connaissent la communauté, ce qui n'est pas mon cas. Ils connaissent la culture inuit également beaucoup mieux que moi qui est une Quallunaat.  Deux de nos community worker sont d'ailleurs en formation cette semaine à Purvinituq. Ils ont accès à cette formation qui leur donnera une certification lorsqu'elle sera terminée.

Je vous fait ça bref cette semaine mais saviez-vous que pendant que le sud parle de la charte à n'en plus finir, la situation des peuples autochtones est dénoncée par le rapporteur de l'ONU. Je le cite ; «C'est la crise au Canada». Voici un article sur le sujet ;  http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/390067/peuples-autochtones-c-est-la-crise-au-canada-dit-le-rapporteur-special-de-l-onu
Saviez-vous également que selon l'assemblée des premières nations, environ 600 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues depuis les deux dernières décennies et que cette même assemblée revendique une commission d'enquête nationale à ce sujet ce qu'Ottawa refuse... C'est un peu plus grave que quelques femmes musulmanes voulant travailler et porter le voile non? En travaillant ici et en constatant ces inégalités importantes entre le nord et le sud et les autochtones et les blancs, j'en viens à me demander pourquoi la population du Québec et du Canada en général n'est pas plus concernée par cette problématique...Je m'interroge, me questionne et finalement je dirai que ça me fâche presque...Bref, je ne «péterai pas une coche» sur ce thème même si j'aurai tout à fait envie de le faire!
Je vous reviens la semaine prochaîne!
Atsunai!

mardi 15 octobre 2013

Les déportations d'Inukjuak

Ai tout le monde!
Me revoici!  Je suis maintenant dans la maison de la dame que je remplace pour le mois à venir et ma première semaine est déjà passée. Je vous présente ma coloc pour les semaines à venir....

Elle a du poids à perdre et de la misère a se laver mais elle fait une présence amusante. Un collègue inuit est entré dans la maison et m'a dit quelque chose comme ; «Tu n'as pas besoin de nourrir le chat, il aura assez de graisse pour le mois à venir!» Les inuits ne voient pas toujours les animaux comme nous. Il arrive que des mitaines vendues à la COOP soient faites en peau de chien...

En parlant de chien j'en ai rencontré une bien sympathique en me promenant un peu aux alentours du village en fin de semaine, la voici. Je l'ai surnommée Ilanaaq ce qui veut dire ami en inuktitut.

Une dame inuite m'a déjà dit qu'un chien qui vous accompagne choisit de vous protéger pour le temps de la promenade, joli comme croyance non?

En étant à Inukjuak, je trouvais important de parler des déportations qui ont eu lieu dans les années 1950 car on m'a soufflé à l'oreille que les familles qui avaient été déportées et qui sont revenues ont parfois beaucoup plus de problèmes que les autres...

Notre bon gouvernement canadien dans les années 1950 a déporté des inuits d'Inukjuak. Il existe deux versions de cette histoire, celle qui dit que le gouvernement a fait un geste humanitaire car il y avait une famine en ce temps la et que les inuits étaient volontaires et l'autre version, la plus plausible, qui dit que le gouvernement a fait cela pour affirmer sa souveraineté dans l'arctique canadien en période de guerre froide (il n'y avait pas d'habitants dans ces contrées et il en fallait pour dire que ce lieu appartenait au Canada).

Donc, le gouvernement décide de déplacer des gens d'ici pour les amener vers Grise Ford et Resolute Bay (très haut dans le nord canadien) comme vous pouvez le voir ici.  On leur promet des territoires de chasse, des installations et la possibilité de revenir quand bon leur semblera vers leur village d'origine. Pour certains, ils ont été forcés et pour le gouvernement ils étaient volontaires bref, dans n'importe quelle histoire prenez la version qui vous avantage le plus, comme d'habitude!

Or, en arrivant dans ces contrées isolées il n'y a rien, absolument rien. On ne leur laisse même pas assez de nourriture et de peaux de caribou pour qu'ils se fassent des tentes...En plus, il y fait beaucoup beaucoup plus froid et la noirceur y est totale l'hiver tandis qu'ici on a quand même quelques heures de soleil par jour. Ils ne reverront pas leurs proches pendant plusieurs décennies non plus. Des gens sont morts de froid et de faim sur ces banquises...

Je me souviens avoir lu quelque part que le gouvernement croyait que les inuits étaient si bien adaptés à l'environnement arctique qu'il pensait qu'ils n'avaient besoin de rien pour survivre dans un monde si hostile et qu'ils s'adapteraient très bien sans aucun support. Quelle idiotie n'est-ce pas?

Bref, après des années et multiples pressions auprès du gouvernement, des gens ont finalement pu retourner à Inukjuak. Des familles d'ici reçoivent de l'argent à chaque année également pour les dédommager. Un 10 000$ par année pour certains ai-je entendu. Tiens donc, finalement c'était bien une erreur sinon pourquoi besoin de tant d'argent pour compenser les dommages encourus?

Les excuses officielles ne sont venues que récemment en 2010, cinq décennies plus tard. Bon, vaut mieux tard que jamais qu'on dit, hein? Je parie que, comme moi, vous n'étiez pas trop au courant de ce fait historique non plus. Je trouve dommage que souvent les gens se demandent pourquoi les inuits vont si mal sans se soucier d'en apprendre davantage sur tous les traumatismes et changements qu'ils ont vécus dans le passé pas si lointain...

Je vous laisse sur quelques images des alentours d'Inukjuak. L'automne met ses couleurs sur la toundra... mais la neige arrive bien vite et je suis prête, avec ma grosse capuche en renard norvégien! ;)
Atsunai!