mercredi 2 juillet 2014

Melting pot de départ

Ai
Je repart au sud sous peu. Depuis le début de juin, la luminosité augmente sans cesse et les nuits sont très très courtes. Le soleil se couche vers 11hrs, se relève vers 3 heures du matin et même s'il se couche à 11 heures, ça ne veut pas dire qu'il fait noir... La semaine passée j'ai vu le coucher du soleil et son lever par une nuit d'insomnie particulièrement intense. Cette clarté amène souvent les enfants à passer la nuit dehors...

Avec l'arrivée du printemps/été au Nord à Salluit est revenu en force une pratique assez désespérante chez les jeunes du villages soit le sniffing ou l'abus de substances volatiles et de solvants pour avoir un buzz. Étant la remplaçante de la TS enfance-famille actuellement, les noms d'enfants qui sniffaient se sont mis a pleuvoir sur mon bureau en plus du reste. Plusieurs campagnes de sensibilisation ont été faîtes par le passé au Nunavik pour contrer cette pratique et une inuk m'a dit que pendant quelques années c'était moins présent selon elle parce que les gens étaient plus conscients du danger que ça représente. Dès la première fois que vous essayer, vous pouvez mourir on the spot. Donc, n'essayez pas ça à la maison. Cependant, le positif dans tout cela c'est que les gens de la communauté ici sont aux aguets et que s'ils aperçoivent des jeunes en train de sniffer, ils vont en parler. Le positif c'est aussi que les policiers de la communauté ont été formés sur le sujet et savent qu'il ne faut pas faire peur aux jeunes en train de sniffer ni leur courir après car il pourrait en résulter un arrêt cardiaque (oui).  Le positif c'est qu'il y a fréquemment des messages à la radio communautaire contre cette pratique. Le positif  (?) c'est qu'une professeure aurait dit que certains enfants se moquent de ceux qui sniffent parce qu'ils savent à quel point c'est stupide et dommageable.


Les glaces sont parties depuis la mi-juin à peu près ce qui libère les eaux de Salluit et permet aux inuits de partir en expédition de chasse par canot. Le fils de mon collègue a d'ailleurs tué un phoque l'autre jour et un béluga récemment.  Il paraît qu'il y a deux ans, les bélugas étaient visibles dans le fjord de Salluit par les habitants et qu'ils tiraient dessus à même la terre ferme! Il faut dire que le béluga est un met de choix ici. Comme j'en entend déjà protester contre la chasse des bélugas par les inuits je vais redire la même chose ici que j'avais dis pour les ours polaires. Réveillez-vous parce que ce n'est pas la chasse qui met ces animaux en danger mais bien la pollution et les changements climatiques et si vous voulez vraiment vous insurger pour leur protection ce que je souhaite ardemment  faîtes-le mais en visant sur Harper qui ouvre la porte aux compagnies comme TransCanada et autres du même acabit voulant faire du forage dans des endroits clés pour les bélugas http://action2.davidsuzuki.org/fr/belugas. Les pipelines et l'exploitation pétrolière sont beaucoup plus dangereuses pour la faune et la flore que quelques inuits tuant des bélugas pour nourrir leur famille et leur communauté.

Dans un autre ordre d'idée....Savez-vous ce qu'est la violence structurelle? J'ai appris ce terme à l'université et il résonne dans ma tête ici.
La violence structurelle a été théorisée par Johan Galtung (1969) et définie comme toute forme de contrainte pesant sur le potentiel d’un individu du fait des structures politiques et économiques (« any constraint on human potential due to economic and political structures »). Ces contraintes ont pour conséquence un accès inégalitaire aux ressources, au pouvoir politique, à l’éducation, à la santé ou à la justice. Il s’agit donc de cette forme de violence produite par des institutions étatiques (un système politique discriminant) ou des pratiques sociales (une norme sociale excluante) qui empêchent des individus ou des groupes de satisfaire leurs besoins de base. http://www.irenees.net/bdf_fiche-notions-213_fr.html

La semaine passée je parlais de la violence envers les femmes et cette semaine me voici abordant la violence structurelle parce qu'elle est, selon moi, très présente envers les inuits,  pas seulement envers eux mais bon. Pourquoi malgré le fait que la population du Nunavik soit composée à 35% de jeunes de moins de moins de 15 ans n'y a-t'il pas encore de Cégep dans tout le Nunavik rendant ainsi l'accès aux études supérieures beaucoup plus difficile pour les inuits? Pourquoi la crise du logement au Nunavik perdure malgré le fait qu'il est reconnu qu'elle exacerbe les problèmes sociaux et de santé et qu'il est reconnu qu'elle a été crée par un manque d'investissement du gouvernement?   Pourquoi un sac d'oranges à la COOP coûte 12$ et qu'environ 70% des enfants inuits de 3 à 5 ans vivent en état d'insécurité alimentaire aka ont souvent faim? http://www.feedingmyfamily.org/. Je n'aborde que ces trois domaines de la vie des inuits mais je pourrais continuer longtemps...

Cette forme de violence  est un processus lent qui produit de l’inégalité, de la souffrance et peut conduire à un état de misère permanent ou à la mort. Cette violence s’auto-renforce en désamorçant les ressorts qui conduisent à la lutte contre cette exploitation en constituant une entrave à la prise de conscience de sa propre condition et à la mobilisation. Elle conduit à la violence directe ou la résignation.

En ne mettant pas plus d'efforts pour permettre aux inuits québécois et canadiens de manger à leur faim, d'avoir un logement adéquat et non surpeuplé et en ne les aidant pas à mettre en place plus rapidement des structures facilitantes pour permettre à ceux qui le désirent de réaliser des études supérieures, le gouvernement du Canada ne leur permet pas de se réaliser pleinement comme il le ferait pour un autre citoyen et, en ce sens, il fait preuve de discrimination à leur égard.
Voici mon opinion, si vous ne la partagez pas...I don't care! ;)
Sur ce... Atsunai!

                                                                                                                                                                                                          Christina, la relève!                                        

mercredi 18 juin 2014

Revenir au point de départ et frustration

Ai
Nelson Mandela a eu ces paroles sages ; «C'est en revenant à un endroit ou rien n'a bougé qu'on réalise le mieux à quel point on a changé». Je ne dirai pas que rien n'a bougé à Salluit mais bon vous comprenez l'idée! Pour ceux qui ne le savent pas, j'ai commencé mon expérience au Nord à Salluit. J'ai beaucoup appris depuis ce premier séjour sur les inuits, le travail au Nord et sur moi.
Avec moins d'un an d'expérience au Nord, je suis déjà actuellement la plus ancienne blanche aux services sociaux de Salluit! Ce n'est pas difficile vu que ma collègue actuelle vient tout juste d'arriver pour son premier séjour au Nord mais elle a déjà l'âme d'un vétéran!  Dès ma deuxième semaine je me suis assise avec le sergent de police que j'avais déjà connu de mon précédent séjour pour parler de l'amélioration de la collaboration services sociaux-police et, même moi, j'en étais surprise. Travailler au Nord, c'est apprendre sur le «tas» et faire des choses auxquelles je n'aurais pas pensé à prime abord!

Travailler au Nord me rend aussi parfois pleine de colère, peut-être que je me répète...
La plupart du temps, j'arrive à gérer cette colère et la transformer en positif, en collaboration, en écoute, en compréhension et à passer par dessus pour ne pas me laisser envahir mais elle est quand même la.
                                                                                               murale de Fanny Aishaa
Depuis que je travaille au Nord, je vois et j'entend ma part d'histoires de femmes battues, violées et j'entend des histoires de femmes tuées, disparues. Lorsque je sors d'une intervention avec une de ces femmes ou je dois me retenir de pleurer, je suis en colère parce qu'elle n'est une parmi tant d'autres...
Et aussi parce que depuis 2012, l'assemblée des premières nations, Amnistie Internationale, l'ONU et autres organisations réclament une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées et que le gouvernement continue de refuser. En étant femme autochtone ou inuk, tu part bien mal dans la vie parce que selon les statistiques tu as 3 fois plus de chances de subir de la violence qu'une blanche et oups si tu meurt ou disparaît c'est beaucoup moins sur qu'on retrouvera le coupable...
Selon les données recueillies par les Sœurs par l’esprit de l’Association des femmes autochtones du Canada, 1186 femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Leurs chiffres révèlent aussi que la situation s’est aggravée au cours des dix dernières années.
http://www.ffq.qc.ca/2014/06/reclamons-une-commission-denquete-nationale-sur-lassassinat-et/
Je me relisais et j'en parlais déjà en octobre sauf que le nombre était estimé à 600 femmes...Qu'on se le dise, le Canada n'est pas le pays de l'égalité mais on dirait que certains s'en contrecrissent comme notre gouvernement conservateur actuel... Ces femmes représentent 4% des femmes canadiennes mais 16% des femmes assassinées et 12% des femmes disparues et on n'en parle pas ou si peu donc me voici en train de le faire...


Sur une note plus légère, voici les photos de ma collègue de nos récentes découvertes culinaires. J'ai découvert le Pitsik (poisson séché) qu'une collègue inuit m'a donné. C'est du poisson cru qu'ils font sécher au soleil et c'est délicieux. J'ai aussi eu la chance (?) de manger un oeuf de goéland...Disons que je ne retenterai pas l'expérience... Atsunai!




jeudi 29 mai 2014

Candy drop

Ai!
Me voici de retour au nord avec un petit mot comme ça en passant. Je suis de retour à Salluit cette fois-ci.
Je suis attristée car nous avons appris qu'une de nos collègues inuk que j'aime bien d'un autre village a perdu son fils. Il était disparu dans la toundra et son corps a été retrouvé...Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé et comment il est mort mais je ne peux que trouver horrible et frustrant le fait que je travaille au Nord depuis moins d'un an et que deux de mes collègues aient chacune perdu leur fils dans des circonstances tragiques...Je vous rappelle que l'espérance de vie ici est d'une dizaine d'année moins qu'au sud et des exemples comme ça expliquent un peu pourquoi...

On dit souvent qu'il faut parler quand ça ne va pas bien, qu'il faut s'ouvrir et en parler à un ami, de la famille ou un professionnel. Les inuits et en particulier les hommes ne sont pas les gens qui parlent le plus de leurs émotions et souffrances en général. Un collègue inuk m'a fait cette réflexion «Maybe all the drinking that we do it's because we prefer to drink away the pain than to talk about it...»


Sur une note plus positive et plus cocasse, nous avons eu la chance de pouvoir voir et non participer pour ma part vu que j'étais sur appel (boo!) au candy drop. Il s'agit d'une tradition qui fut instaurée par un pilote de Kuujjuaq. Elle roule depuis 1965. Selon ce que j'ai lu initialement ce n'était que dans le temps des fêtes mais il a l'air d'étendre ça à d'autres villages et d'autres temps de l'année. Le pilote du nom de Johnny May survolait alors un champ près du village pour laisser tomber bonbons et autres cadeaux du haut de son avion faisant la joie de ceux présents. Un père Noël inuk, quoi! Selon ce que j'ai observé et entendu, il y a maintenant pleins de choses qui sont jetées du haut des airs... papier-toilette-vêtements-oreiller-bon d'achat à la COOP, argent, bonbons.... et boutons-pressions?! Bref, le budget aurait tourné autour de 20 000$. Certains peuvent dire que cet argent serait mieux investi ailleurs mais en même temps qui sommes nous pour juger alors qu'on paie nos joueurs de hockey une fortune et nos préposés aux bénéficiaires comme nous le faisons?!







Voici mes collègues sur le bord de prendre part à l'évènement!
Atsunai!





mardi 22 avril 2014

Le paradoxe de notre présence

Ai
Je m'envolerai bientôt vers le sud où il paraît que le printemps est finalement arrivé. Je ne sais pas combien de temps j'y resterai et si je reviendrai à Inukjuak après ou pas. C'est à suivre... Mon blog se meurt un peu, vous l'aurez remarqué. J'écris de moins en moins et il se peut que ce soit mon dernier message... ou pas! Avant de repartir au sud, j'aimerais dire aux gens qui me lisent et qui pensent parfois à aller travailler au Nord ceci.

Je n'en ai pas parlé souvent mais je ne pense pas que tout le monde puisse travailler ici. Il y a des gens qui viennent au Nord et qui repartent une semaine, un mois après. On dit que soit tu aimes ça, soit tu détestes. Les Qallunaat qui travaillent ici ont énormément de temps libre, parce qu'ils sont loin de leurs proches, loin de tout ce qui constitue «la vie normale du sud». Si vous avez un problème avec la solitude, ne venez pas ici. On ne peut pas aller au cinéma, aller manger au restaurant ou aller chez le coiffeur. On ne peut pas aller faire l'épicerie un dimanche ni en soirée, rien n'est ouvert et on ne trouve pas la moitié de la diversité de nourriture qu'on retrouve en bas, c'est pas toujours frais (une fois par semaine) à des prix qui sont souvent le double de ce que vous payez d'habitude. Ma dernière folle dépense ; 4 petites batteries tout à fait normales pour 13$.


Vous étiez supposé partir telle date pour assister à votre propre party de fête mais il ne fait pas beau et les avions ne décollent pas pendant 4 jours? C'est aussi ça travailler au Nord et c'est une histoire vécue. Vous êtes sur la route pour Montréal mais l'avion reste pris dans un village ou vous ne connaissez personne et vous devez vous débrouillez pour trouver un endroit ou rester? True story aussi. Vous ne parlez français qu'avec certains collègues et vous êtes une minorité ethnique.  En décembre, il fait noir à partir de trois heures et en été il fait très clair jusqu'à onze heure et le soleil se relève vers 3-4 heures du matin. Vous vous ferez fort probablement insulter un jour et on vous dira que vous n'êtes la que pour l'argent. Il y a des chances que vous vous fassiez agresser par un inuit parfois sans aucune raison valable. Il y a des chances que la personne à qui vous venez de parler se suicide ensuite. On vous volera peut-être quelque chose (mes souliers la semaine passée). Il faudra faire attention à votre utilisation d'eau et récemment une collègue d'un autre village m'a avoué qu'elle avait du faire ses besoins dans un sac pour les jeter dehors ensuite à cause du manque d'eau depuis plusieurs semaines (tout les camions de sewage de la communauté avaient rendu l'âme). Comme je vous disais, ce n'est pas pour tout le monde.

Je ne veux pas décourager personne, je veux juste que les gens qui y pensent aient une opinion réaliste et parce que je ne dis pas toujours le négatif et que je préfère écrire sur le positif. Dans certains domaines d'emploi, vous serez aussi moins exposés qu'une travailleuse sociale, j'imagine.

J'ai un beau titre non? Il y a longtemps que je veux aborder ce thème...

Je suis une blanche née au sud et éduquée dans les valeurs du «sud». Je ne suis pas née dans cette culture et pourtant j'y travaille à titre de travailleuse sociale en plus. Donc, que je le veuille ou non je suis porteuse d'une identité, d'une culture et d'une histoire.  Un jour une femme blanche travailleuse sociale très avisée qui travaille ici depuis bientôt 20 ans m'a dit ; «N'oublie jamais que tu représente encore d'une certaine façon un agent de colonisation». Sans l'avoir voulu ou compris en premier lieu, je m'inscris dans un système qui n'est pas adapté aux valeurs des inuits, un système de «Qallunak». Je représente un symbole d'aide mais aussi le symbole de ceux qui ont contribué aux problèmes et à l'assimilation des premières nations et des inuits. Les docteurs ne sont pas des inuits, les infirmières ne le sont pas aussi et tout les professionnels également. Je pense qu'il a y a une infirmière inuit dans tout le Nunavik.

Historiquement, l'intervention sociale avec les autochtones fut marquée par le colonialisme parce que oui les intervenants venaient ici avec une vision que les valeurs et la culture occidentale était meilleure pour les communautés dans lesquelles ils travaillaient. La DPJ a pendant 20 ans donc de 1960 à 1980 placé ou fait adopté des enfants autochtones et inuits par des familles blanches... On a appelé ça les sixties'scoop et c'est venu après le régime des pensionnats... Bon timing, hein?  Aujourd'hui la DPJ s'efforce de mettre les enfants dans des familles issues de la même communauté... at least vaut mieux tard que jamais. Combien d'enfants adoptés ou placés ont ainsi perdu une grande partie de leur identité culturelle au profit de la culture dominante? La DPJ demeure très impopulaire ici comme ailleurs et il faut toujours bien que j'explique que je travaille pour les services sociaux et non pour la DPJ.

Les autochtones et les inuits avaient leurs propres façons de gérer les problèmes de la communauté avant que nous arrivions. Comme dans d'autres domaines, nous arrivons avec des façons de faire qui ne sont pas les leurs et après on s'étonne qu'elles ne fonctionnent pas ou peu. Idéalement, nous ne devrions pas être la parce que parfois vouloir aider quelqu'un c'est lui faire plus de mal que de bienUn de mes collègues inuit a eu cependant une réflexion intéressante en disant que, selon lui, son peuple aurait encore besoin de nous (intervenants d'ailleurs) encore longtemps mais qu'un jour il espérait et je l'espère aussi que nous ne seront plus nécessaires.

Certaines communautés se prennent en mains et depuis 2004 les Cris ont réorganisé les services de santé et de services sociaux pour qu'ils soient orientés à partir de savoirs, de la culture et de la conception traditionnelle crie de la santé.

Tout ça pour dire qu'il faut constamment être en repositionnement par rapport à l'intervention ici. La beauté du travail social c'est justement que nous sommes notre propre outil de travail. Alors je termine sur cette réflexion pertinente d'une militante aborigène d’Australie qui fait du sens.
« If you have come to help me you are wasting your time.  But if you have come because your liberation is bound up in mine, then let us work together. » 
Lila Watson, 1988
Atsunai!

Oh et en passant... un film s'amène sur nos écrans tourné au Nunavut ...


mercredi 9 avril 2014

Les élections et les inuits

Ai!
Quelqu'un m'a posé la question récemment est-ce que les inuits s'intéressent aux élections provinciales? La réponse va de soi je crois mais, pour ceux qui ne le savent pas, j'ai l'impression que les inuits s'en crissent (scusez-la) comme on se crisse (scusez-la, bis) d'eux dans les campagnes électorales, dans la politique en générale et dans le Québec de façon plus globale. Avez-vous entendu beaucoup parler les partis politiques des autochtones ou des inuits? Non, donc c'est donnant-donnant. Selon l'auteur de ce
texte http://www.alaskadispatch.com/article/20140402/vote-or-not-vote-aboriginal-people-northern-quebec-decide qui a plus suivi la campagne électorale que moi, il n'y a que le parti québécois et Québec solidaire qui ont abordé les enjeux des populations autochtones. J'aime bien quand l'auteur dit que la CAQ et le PLQ ne mentionnent même pas les autochtones dans leurs plateformes mais ont des plans de développement en tête pour leurs régions et at the end of the day, they might talk to the people living in the land... Espérons! 

Il n'y a pas de pancartes ici, pas de discussions sur les partis politiques et pas d'intérêt. Probablement que les partis politiques savent aussi que les populations inuits et autochtones ne votent pas beaucoup donc pas d'argent à faire ou de votes à gagner et c'est une roue qui tourne... Pourquoi se déplacer ici pour parler des enjeux d'une population minoritaire au Québec qui ne vote pas beaucoup et qui est souvent perçue négativement par le reste du Québec... C'est pas un choix politique gagnant, je le comprends mais il n'en demeure pas moins que les inuits et les autochtones ne vont pas cesser d'exister parce qu'on en parle pas, qu'ils ne vont pas s'effacer par magie, que les problèmes de ces communautés restent et que c'est une honte. Voilà, mon message est passé. En passant, on se souviendra que les inuits contrairement aux autochtones paient des impôts aussi et ils ne reçoivent pas la moitié des services que les gens du Sud reçoivent, cherchez l'erreur. 

Je voulais faire un bref retour sur mes jours de formation sur les abus sexuels sur les enfants. En gros, il s'agissait de deux journées de formations divisées en de la théorie l'avant-midi et du partage (sharing) en après-midi. Je faisais partie d'un groupe d'une quinzaine de personnes. Ma première journée fut éprouvante car les gens présents ont parlé des abus sexuels qu'ils avaient vécus, des gens avec qui je travaille se sont également ouvert et c'est toujours plus difficile quand ce sont des gens qu'on connaît et qu'on apprécie...

Presque tous avaient une histoire reliée à un abus sexuel. C'était dur émotionnellement d'entendre cette souffrance. Je n'ai pas parlé le premier jour me contentant de recevoir et d'écouter. Le deuxième jour j'ai parlé et ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas une grande fan de parler devant un groupe mais je jugeais important de le faire vu qu'aucun Quallunak (étranger) n'osait le faire et que le sharing qui est un exercice souvent pratiqué chez les inuits ne doit pas à mon sens n'être qu'unilatéral.  Mon message n'était pas très original mais il consistait à dire que bien que c'était et c'est toujours difficile pour moi en tant que travailleuse sociale d'entendre cette souffrance je suis reconnaissante de les avoir entendus et que ce n'est qu'en parlant que les choses vont changer, que je le vois souvent en intervention. Lorsqu'une personne s'ouvre sur ce qui la ronge, elle s'en trouve mieux après et le silence et les secrets sont à bannir pour améliorer les choses.
À lire ici


La question qui tue. Pourquoi tant d'abus? Je vous répondrai en vous racontant l'histoire d'un homme que j'ai connu, qui a été abusé dans un pensionnat par des religieux et qui a ensuite abusé ses enfants. Cependant, ceci n'excuse pas cela et on sait bien que les abusés ne deviennent pas tous des abuseurs mais c'est une partie de la réponse. On se souviendra quand même que la majorité des enfants inuits d'une certaine époque ont du aller dans ces écoles ou on cherchait à «tuer l'indien en eux» et ou ils ont vécu abus physiques et sexuels...Le tabou sur cette question est également très grand chez les inuits. Les inuits n'ont pas toujours fait dans la douceur non plus avec les rapports hommes-femmes et les rapports hommes-enfants. On m'a raconté qu'anciennement un homme pouvait ramener chez lui une femme sans son consentement en l'attrapant par son amauti (manteau traditionnel) et que personne n'y voyait de problème... Plusieurs études tendent également à montrer que le manque de logement et le surpeuplement de ceux disponibles ont un lien direct avec la violence physique et les abus sexuels vécus par les enfants... Comme dans tout problème social, il n'y a pas qu'une seule explication possible... Ceux qui veulent approfondir ce que j'ai effleuré c'est par ici ; http://www.fadg.ca/downloads/absexoffend.pdf
Atsunai!

jeudi 27 mars 2014

retour au Nord encore!

Rebonjour à ceux qui me lisent!
Mes 5 semaines de vacances ont été productives entre un déménagement et un voyage au Costa Rica (j'ai mis quelques photos pour changer des photos de neige!), je n'ai pas trop eu le temps de m'ennuyer du Nord mais j'étais bien contente d'y revenir en plus du fait que je suis revenue à Inukjuak, village ou j'aime beaucoup travailler. Inukjuak est une belle communauté, très active socialement. Il y a de beaux projets enthousiasmants qu'il fait bon d'entendre parler dès son retour...Ça redonne l'espoir!

Depuis peu à Inukjuak, deux groupes se réunissent chaque semaine pour aider femmes et hommes du village à lutter contre l'alcoolisme et les addictions en tout genre. Cela a été lancé avec le constat très clair que les ressources pour traiter les inuits aux prises avec des problèmes de dépendances ont souvent des listes d'attente et que les inuits ne peuvent parfois pas avoir accès rapidement à un traitement approprié. À ma connaissance, il n'existe qu'une seule ressource en traitement des dépendances dans tout le Nunavik. Elle est située à Kuujjuaq ce qui fait que les inuits des autres villages désirant se traiter doivent quitter famille et amis. Les autres ressources sont souvent à Montréal donc encore plus loin et souvent encore plus éloignée de la culture inuit malgré certains efforts de programmes adaptés. Alors un groupe est formé ici et est animé par un travailleur social des services sociaux. C'est un début mais c'est prometteur selon moi et surtout ça respecte une des traditions inuit le «sharing» ou le partage si vous voulez.

Un autre programme emballant (oui, oui) s'amène la semaine prochaine. Il s'agit de «Good touch, Bad touch». C'est un programme qui vise principalement les enfants et les abus sexuels dont ils sont parfois victimes. C'est un thème très tabou dans la culture inuit. Dans la communauté où je suis actuellement un très vieil homme est connu comme le pédophile du village, il a fait beaucoup de victimes et croyez-le ou non il n'a jamais fait de la prison...?! Une infirmière m'a aussi dit un jour que parfois les enfants inuits ne sont pas continuellement à l'extérieur pour le plaisir d'y jouer mais aussi pour y fuir les abus sexuels et physiques... Voici un texte expliquant bien le programme ainsi que ses buts ;
http://www.nunatsiaqonline.ca/stories/article/65674nunavik_tackles_child_sexual_abuse_with_new_pilot_project
et la chose la plus géniale... cette activité sera donnée par des femmes inuites et je pourrai y participer! Je vous en donnerai des nouvelles...

Dans un autre ordre d'idée... Ahhh lala «He is a good hunter» ou «C'est un bon chasseur». Cette phrase on l'entend souvent des inuits femmes et hommes pour décrire un homme. Après tant de temps passé au sud, j'avais presque oublié comment c'était important pour les inuits d'avoir des bons chasseurs dans la communauté et de pouvoir dire de cet homme, non pas qu'il est un bon père, un bon mari, un bon travailleur mais un bon chasseur!

Il ne me viendrait jamais à l'esprit de décrire un homme de mon entourage en commençant par ses aptitudes à la chasse. Or, imaginez un peu que vous êtes nés dans un désert de glace gelé la plupart de l'année ou il n'y a que deux magasins d'alimentation qui ne sont établis seulement que depuis quelques décennies et qu'au moindre blizzard ou vent violents, les avions apportant fruits, légumes et viande n'atterrissent pas, on comprend l'importance que les chasseurs ont eu et continuent d'avoir dans une certaine mesure dans la culture inuit.

Les femmes ont développé une belle force dans la création de manteaux, de mitaines et de bottes. Vous devriez voir les œuvres d'art qui sont portés par les gens de la communauté ici parfois. Les tissus synthétiques ont remplacé les fourrures mais l'expertise des femmes n'en est que davantage teintée de coquetterie. J'ai trouvé certains examples sur des groupes facebook de différentes communautés de swap and sell ( échange et vente ) pour vous en montrer un mince échantillon... Pour ceux qui ne le savent pas le dernier manteau avec la grande capuche est un amauti. C'est un manteau traditionnel inuit et le grand capuchon sert aux femmes pour transporter les bébés jusqu'à l'âge de deux ans et les protéger du froid. Les femmes peuvent même allaiter à l'extérieur avec un manteau de ce type. C'est un vêtement traditionnel encore très porté par les femmes ici mais la couleur traditionnel est le blanc à ma connaissance. Le premier manteau avec de petits motifs bleus représente des ulus un couteau traditionnel utilisé uniquement par les femmes inuit. C'est un couteau qui sert encore aujourd'hui et qui a plusieurs usages tels qu'enlever la peau des animaux, couper les cheveux et anciennement tailler les blocs de glaces pour la construction d'igloos. C'est un couteau qui a une longue histoire, les plus anciens dataient environ de -2500.
 

C'est tout pour aujourd'hui! Atsunai!


mardi 11 février 2014

fin de séjour

Ai!
Je repars déjà jeudi au sud... C'est drôle même si j'ai toujours très hâte de repartir au sud et revoir les gens que j'aime il y a toujours une partie de moi qui est triste de quitter le Nord un peu. J'ai peur de perdre le Nord, aha! Triste de quitter la paix qui règne parfois ici, l'immensité et les gens. Je préfère l'hiver du nord à celui du sud. Le froid d'ici est sec et non humide comme en bas et la neige est blanche blanche blanche blanche et non brune comme en bas. La «slushe» nous est inconnue également au Nord...




                                                  Fait frette ma face gèle!

Les oeufs! Je ne savais pas mais beaucoup d'inuits adorent les oeufs!... Ils adorent les sandwiches aux oeufs...! On a organisé un souper pour les vieillards de la communauté et il fallait aller faire des achats à la COOP pour faire les sandwiches et tout. La travailleuse sociale avec qui je travaille ne cessait de me dire des sandwiches aux oeufs c'est bien gagnant...! Oh malheur, la COOP et le Northern (les deux seuls magasins d'Inukjuak) avaient tout vendu leurs oeufs et il
y avait pénurie d'oeufs dans le village!! (Je suis bien triste quand ça arrive avec les bananes) Une chance que j'avais chez moi une douzaine d'oeufs et qu'on a pu trouver des oeufs ailleurs. Bref, tout ça pour dire que venu le temps du souper, j'ai effectivement pu observer la majorité des inuits présents se jeter sur les sandwichs aux oeufs avec un empressement évident... Eh bien, je ne l'aurais pas imaginé mais c'est vrai que pour les inuits, les œufs de poulet sont une nouveauté de leur alimentation et une rareté ici...Avant, c'était les oeufs de bernaches et autres oiseaux mais difficiles à trouver et rares j'imagine!

L'apparence! En majorité, selon mes observations et je ne suis pas la seule à le penser et le sentir, les inuits se foutent pas mal de quoi vous avez l'air. Que vous soyez dépeignée, en joggings ou peu importe ils regardent souvent votre visage et si votre visage en est un souriant, il ne vous ferons jamais sentir que votre apparence est inadéquate. Le culte de l'apparence ne semble pas avoir encore atteint tout à fait les latitudes nordiques ou peut-être suis-je exagérément utopique...Il n'y a pas de revues de mode ici, pas de publicités étalées partout sur les murs comme à Montréal. Dans ce monde, la majeure partie du temps tout ce qu'on voit de vous c'est votre tête parce que l'ensemble de votre corps est couvert.... Alors la tête et surtout ce qu'il y a à l'intérieur, le regard et le sourire deviennent plus important que si vous avez de beaux vêtements à la dernière mode ou une coiffure impeccable...

J'en avais déjà parlé ici... On m'a soufflé à l'oreille que le terme «génocide culturel» est de plus en plus murmuré à voix basse par les intervenants sociaux du Nord... Il n'est pas crié sur tout les toits mais on se rend bien compte qu'il est la ce génocide culturel et nous intervenants sociaux il faut en être conscient pour demeurer réaliste sur la portée de nos interventions... Ne soyez pas dupes... les autochtones et inuits ne vivent pas dans des conditions si misérables simplement parce qu'ils ont des difficultés mais bien parce qu'il ne serait pas à l'avantage de nos gouvernements de discuter avec les premières nations d'égal à égal. L'argent est la, les actions et la volonté politique n'y est pas... Sur cette note triste....
5 semaines de vacances yihaa!
Atsunai!

jeudi 30 janvier 2014

Déjà presque la fin

Ai tout le monde
J'ai commencé ma semaine en force en me brûlant au deuxième degré sur le bras gauche à trois endroits. Le bras m'est tout simplement resté pris dans le four à 400 degrés... Ça fait pas du bien pentouteee! Le four de mon appartement est un vieux four qui a tendance a se refermer si on ne l'ouvre pas complètement et qu'on ne tient pas fermement la porte. Bref, ne vous inquiétez en travaillant au Nord (et principalement à l'hôpital de Puvirnituq) on peut voir infirmière, docteur, dentiste, name it rapidement rapidement ce que j'ai fait pour me faire bander le bras le lendemain. Le Nord et ses avantages...Une de mes brûlures est plus grave que les autres mais ça devrait aller...

Il y a eu blizzard vendredi et lundi dont pas de sewage (vidange et changement d'eau) donc on a pas eu d'eau de dimanche à mardi PM. L'eau est roulante et non courante ici et y'a des jours ou elle roule pas! Heureusement que le blizzard n'a pas duré une semaine. Le Nord et ses inconvénients...

Cirqiniq sera à Puvi pour deux semaines. Qu'est ce que c'est? Voici un petit vidéo pour vous mettre en contexte. http://objectifnord.telequebec.tv/explorer/liste/inuits/programme-cirqiniq#_=_
Bien que le cirque du soleil a été en partenariat cinq ans pour l'amorce de ce projet il n'y contribue plus du tout. Un petit oiseau m'a soufflé à l'oreille que le cirque du soleil aime bien partir des projets un peu partout dans le monde, sauver des taxes et ensuite se désengager complètement mais tout en gardant la reconnaissance du début du projet... Bref, peu importe c'est un projet qui se perpétue et qui est très apprécié des jeunes d'ici qui n'ont souvent pas grand chose à faire. Les travailleurs sociaux sont souvent invités à participer pour créer des liens avec les jeunes et les voir dans un autre contexte que celui de l'intervention. Vu que je m'en vais à Inukjuak lundi, je ne pourrai pas aller les voir. :(

Quelques photos des alentours de Puvi...




 Atsunai!



vendredi 24 janvier 2014

Le désinfectant à mains

Bonjour vous!
J'ai été envoyée mardi de la semaine passée en urgence à Inukjuak pour supporter une collègue TS qui avait besoin d'aide et qui se relevait tout juste d'une pneumonie. J'avais déjà été dans cette communauté à l'automne et connaissais un peu sa clientèle donc j'ai pris l'avion et y suis allée de mardi à samedi. Ce fut short and sweet. C'était agréable pour une fois de revenir dans une communauté ou j'ai déjà été au lieu d'être toujours la nouvelle et de se présenter à tout le monde. Les gens sont contents de vous revoir et les inuits qui vous connaissent viennent vous serrer la main en guise de salutation. Un sculpteur à qui j'avais acheté une sculpture (dont je me suis rendue compte après qu'elle ne valait pas son prix) est même venu me voir pendant que je faisais mes commissions à la COOP tout content espérant surement me vendre quelque chose de nouveau. Un autre suicide est survenu à Inukjuak pendant que j'y étais... Le suicide toujours et encore si présent ici...

De retour à Puvi, ma semaine ne fut pas de tout repos. Je n'entrerai pas dans les détails mais disons qu'on a été passablement occupés aux services sociaux. Saviez-vous que le désinfectant à mains à haute teneur en alcool est parfois utilisé par les inuits pour se pacter la face? Très nocif, ce produit fera des dommages à long terme sur le corps humain et peut même causer des dommages au cerveau. À l'école ici, ils ont enlevé les distributeurs de désinfectant à mains parce que les jeunes s'en servaient pour d'autres motifs que l'hygiène...

Tout n'est pas négatif et le soleil de ma semaine fut une intervention conjointe avec un médecin et une dame dépressive. Je pense n'avoir jamais vu un médecin aussi concerné et faisant une intervention aussi pertinente et aussi complète. Les médecins d'ici prennent souvent le temps de s'asseoir avec les gens et non de les voir 5 minutes et leur prescrire n'importe quoi comme on vois souvent au sud. Ce médecin a eu une réflexion très intéressante qu'il est bon de se rappeler (parce qu'on a tendance à l'oublier) quand on aborde la problématique de l'alcool et des dépendances des inuits. Les inuits ont souvent vécu plusieurs traumas (viols, violence, pensionnats pour les plus vieux). Ils cherchent souvent en prenant ces substances à se soulager l'espace d'un instant, à oublier et à se sentir bien sans nécessairement y parvenir et la dépression et le mal-être augmente le lendemain alors ça recommence et ça recommence. Cette auto-médication n'est pas toujours consciente mais jamais aidante bien sur...

Les formulaires gouvernementaux! Les inuits ont souvent besoin de notre aide pour les remplir et ce même s'ils sont écrits en anglais. Il faut se rappeler que beaucoup sont peu éduqués et les aînés ne lisent souvent que l'inuktitut. C'est drôle a dire également mais les formulaires ne font pas partie de leur culture depuis bien longtemps. Alors si pour moi qui trouve compliqué de faire une demande de pension de vieillesse, imaginez comment ça peut être du chinois pour une dame dans la soixantaine qui est née dans un igloo! Aha!
Atsunai!

mercredi 8 janvier 2014

Blizzard et ours

Bonjour à ceux qui me lisent!
Depuis deux jours le Nunavik et le Nunavut sont grandement ralentis sinon paralysés par un blizzard qui sévit. C'est mon premier blizzard et j'apprécie le fait de pouvoir rester à la maison et être payée quand même... On m'avait déjà dit que parfois par temps de blizzard on ne voit même pas sa main mais celui qu'on expérimente actuellement ne semble pas si pire (mais, qu'est-ce que j'en sais!?). Il n'y a pas d'avions qui atterrissement ni qui partent car les conditions sont mauvaises. Les rafales de vents sont importantes et il semble plus prudent de se déplacer à pieds qu'en auto. Ça semble plus important dans le Nunavut ou ils ont eu des rafales de vents jusqu'à 140Klm/hr ce qui doit être le double de ce qu'on a ici. Voici quelques photos prises en pleine journée de blizzard.
Un chien inuit pas assez impressionné pour aller dans sa niche...


Un ancien collègue inuit est allé à la chasse à l'ours polaire et a réussi a en tuer deux d'une seule balle! Pour tout homme inuk c'est un honneur et une source de grande fierté pour lui et la communauté. Pour certains blancs, parfois on parle a travers notre chapeau en disant que la chasse est reliée au fait que l’espèce serait en danger. Il est vrai que la chasse a déjà été faite de façon intensive mais actuellement les ours polaires sont protégés depuis 1976 et les inuits ont le droit de le chasser mais ils ont des quotas et des règles. Ce n'est pas la chasse qui est en cause ici et les principales menaces pour les ours polaires sont la pollution et le réchauffement climatique dont les populations du Sud sont beaucoup plus responsables que les populations du Nord qui ont toujours traditionnellement tué les ours polaires par mesure de sécurité lorsqu'ils se trouvent près des villages mais aussi pour se nourrir et pour utiliser leur peau... donc informez-vous avant de lancer la première pierre...
Astunai!



mercredi 1 janvier 2014

retour au Nord

Ai! Je suis de retour au Nord après 4 semaines au Sud et une encore plus au Sud en Jamaïque! L'avantage avec avoir autant de mois de vacances par année c'est bien sur de voyager et ce n'est pas pour rien qu'on rencontre beaucoup de voyageurs et de gens d'ailleurs au Nord. Il faut évidemment être à l'aise avec la différence culturelle pour venir ici et, dans mon cas, avec mon statut de TPO (temps partiel occasionnel) ne pas être trop dérangée par le fait de vivre dans ses valises. L'avantage en n'étant pas permanente nulle part c'est de pouvoir travailler quand ça nous plaît et de donner des disponibilités minimales (une des 2 fêtes ; Noël ou jour de l'an et aussi des disponibilités en été). Ceux qui sont permanents ont l'avantage de toujours savoir où ils reviennent d'un séjour à l'autre et d'avoir un logement permanent. En contrepartie, il leur faut toujours faire du 9 semaines au Nord / 4 semaines au Sud. Moi, je n'ai pas besoin (ni l'envie!) de rester aussi longtemps et je peux également décider de mon nombre de semaines de vacances sans problèmes. En ce moment je suis à Puvirnituq (la ou règne une odeur de viande putréfiée). J'y étais déjà venue quelques jours au début début et c'est ici que j'avais vu beaucoup de caribous. C'est ici que se trouve l'hôpital principal. Dès que je suis arrivée à Puvirnituq, j'ai senti mes narines se contracter et mes yeux piquer a cause du froid intense. Ça me fait rire quand je vois vos nouvelles qui disent que vous souffrez du froid...Ici, il fait pas mal toujours -30 et plus avec sensation de -40! Pour revenir ici, j'ai pris un charter. C'est un vol nolisé donc organisé par le Centre de santé dans le temps des fêtes quand beaucoup d'employés descendent ou remontent ce qui fait que c'est moins cher pour le centre dans santé. J'y ai croisé ma collègue et amie Janie qui volait vers Salluit ainsi qu'une autre collègue rencontrée à Salluit. Il paraît que le Nord est un petit monde ou tout le monde finit par se connaître... Malheureusement, je n'ai pas internet à la maison. La compagnie mère de tout l'internet au Nunavik est fermée au grand déplaisir de plusieurs jusqu'à lundi prochain donc en attendant, j'occupe mon temps de diverses manières. Hier pour la veille du jour de l'an, j'ai passé la soirée à faire un genre de nez rouge avec un africain du Cameroun qui aime bien dire ; FAIT FRETTE EN TABARNAK! ;) C'est tout nouveau et la première fois (je pense) qu'un projet de ce type a lieu au Nunavik et je me suis mise bénévole. C'est un gars avec qui je travaille qui a parti ce projet. Il m'a dit ; on leur dit Don't drink and drive mais on ne leur donne pas d'options, je voulais leur en donner une! Vous aurez compris qu'il n'y a pas de taxis ici non plus. Donc, on se promène dans le village avec un pick-up identifié et on ramasse les gens qui sont en état d'ébriété ou qui ont simplement besoin d'un lift car le froid est intense. Je pense que le service est apprécié. Le monsieur qui a parti ce projet a également travaillé en Israël. Saviez-vous qu'en Israël, ils auraient également tenté de sédentariser les bédouins (tribus nomades) et que ce fut un échec cuisant. Les bédouins se sont mis à boire énormément un peu comme les inuits. Cependant, Israël aurait fait volte face et aurait abandonné le projet laissant les bédouins retourner à leur vie de nomade qui leur convenait mieux. Intéressant, non? C'est tout pour le moment! Atsunai et désolée pour la mise en forme et le manque de photos, je n'ai pas les mêmes fonctionnalités que sur mon ordinateur personnel!